Les dangers d’Internet: un bilan des interventions en 2012-2013 sur Strasbourg

Une cinquantaine de classes de Strasbourg ont bénéficié d’une intervention sur le thème « les dangers d’Internet ». Près de mille élèves ont ainsi été formés. Cet article fait le point sur le comportement et les connaissances de nos élèves de CM2 face à Internet. Il y a du pain sur la planche…

Lors de l’année scolaire 2012-2013, une cinquantaine de classes de CM2 ou de CM1/CM2 de Strasbourg ont pu bénéficier d’une intervention sur le thème « les dangers d’Internet ». L’activité est en lien avec le domaine 2 du B2I, « adopter une attitude responsable ».

L’activité se présente sous deux phases. Dans la première partie, les élèves travaillent en salle informatique avec l’intervenant, à deux par ordinateur. Ils doivent répondre par écrit à un questionnaire portant sur une vidéo que l’on peut trouver sur le site « Internet sans crainte » dans le coin des juniors.

Dans la seconde phase, le élèves restituent leurs réflexions en lisant le document qu’ils ont créé, puis s’instaure un débat illustré par quelques documents, clôt par une trace écrite. On en profite aussi pour expliquer de manière concrète ce qu’est Internet, en l’illustrant à partir de la carte des câbles sous-marins et de quelques photographies de câbliers. Il se trouve que nos élèves -et même beaucoup d’enseignants- n’ont aucune idée de la technologie employée.

Les thèmes abordés

Les mauvaises rencontres

Ne jamais donner de rendez-vous à des inconnus et éviter de donner des informations personnelles dans un tchat. On aborde aussi l’utilisation de la webcam et la protection des comptes par mots de passe.
La rencontre pendant un tchat avec des inconnus qui cherchent à obtenir des renseignements personnels, voire de se rencontrer, n’est pas rare.
Certains élèves sont effarés d’apprendre que tout ce qu’ils disent on font devant leur webcam peut être enregistré et réutilisé contre eux.
Dans leur candeur, beaucoup de nos élèves de CM2 échangent les mots de passe de leurs comptes avec leurs camarades, sans penser aux conséquences possibles. Souvent il ne s’agit que de sites de jeux, mais quelquefois il s’agit de blogs ou de comptes Facebook.
Ils n’ont aucune notion de protection des mots de passe.

Le spam

Nous abordons le spam par courriel mais aussi le spam téléphonique.
Dans chaque classe, des élèves possèdent déjà une adresse de courriel personnelle, mais qui est surtout utilisée comme identifiant pour se connecter à différents sites.
Nos élèves sont un peu plus armés dans ce domaine, car leurs parents reçoivent déjà des courriers indésirables. Ils savent pour la plupart qu’il ne faut pas y répondre et qu’il faut détruire le courrier indésirable. Cette séquence permet de nous pencher de manière amusante sur l’origine du mot « spam ».
Plus les élèves sont issus de milieux défavorisés, plus ils possèdent un abonnement de téléphonie mobile.

Les sites pornographiques, la violence et plus généralement, ce qui choque

Un sondage à main levée dans les différentes classes, a montré qu’au CM2,  environ deux élèves sur trois ont déjà été choqués par du contenu trouvé sur Internet. Très  peu de familles utilisent un logiciel de contrôle parental. La quasi totalité des élèves qui utilisent Internet, le font sans contrôle. Les enfants les mieux protégés ont des parents informaticiens.

S’exprimer sur Internet

Dans chaque classe, il y a quelques élèves qui possèdent déjà un compte sur Facebook; ils ne sont donc pas nombreux au CM2. Les élèves n’ont aucune notion sur le droit à l’image. Le débat est l’occasion de rappeler qu’Internet ne doit pas être utilisé pour régler ses comptes.
Certains cas isolés de comportements malveillants, ont été rapportés par les enseignants ou les directeurs. Même si le comportement de ces enfants relève de la responsabilité des parents, ils débordent à l’école car les parents viennent exposer leurs griefs ou régler des comptes.
On montre aussi aux élèves à quel point il est facile de trouver des informations sur des personnes et qu’il faut donc faire attention à ce qu’on publie, en particulier les photos et vidéos de soi !

Internet n’est pas une encyclopédie, tout n’est pas toujours vrai

Recouper les informations, mais aussi utiliser des livres, repérer les sites sérieux. Beaucoup de nos élèves connaissent Wikipédia, c’est rassurant. Mais en majorité, ils ignorent tout du fonctionnement participatif de cette encyclopédie en ligne.

En guise de conclusion…

Environ mille élèves de Strasbourg, CM2 ou CM1/CM2, ont bénéficié de cette formation en 2012-2013.

Cette génération d’enfants est particulièrement exposée aux risques d’Internet. En effet, ils en savent finalement aussi peu que leurs parents dans ce domaine, tout en pensant maîtriser l’outil. En grande majorité, les parents ignorent les dangers potentiels et ne peuvent donc pas leur servir de guide ou de garde-fou. Très peu de familles ont installé un logiciel de contrôle parental et les enfants naviguent sans surveillance.

Quant aux enseignants, comme nombre d’utilisateurs, ils ignorent beaucoup de choses du fonctionnement d’Internet. Bien sûr, ils l’utilisent et ils sont généralement prudents.Vu l’exposition du métier au public, la plupart n’ont pas de compte sur les réseaux sociaux. Cependant, ils pourraient créer un compte sur Facebook sous une fausse identité, pour vérifier ce que font leurs élèves.

Des formations seront organisées pour les enseignants, et les interventions en classes seront reprises pour l’année scolaire 2013-2014, avec des modalités légèrement différentes.

 

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